La vie l’emporte

Cette semaine j’ai vécu une attaque terroriste. Ce n’est pas la première qui a lieu depuis que je vis en Israël, mais cette fois-ci elle a eu lieu à l’arrêt de bus ou je descends chaque matin pour me rendre au travail.

Et comme chaque matin je suis arrivé à l’heure au travail, je suis descendu là ou deux heures auparavant un terroriste palestinien a surgi dans un bus et poignardé une dizaine de personnes. Là ou deux heures auparavant un simple chauffeur s’est avéré être un héros et a évité une catastrophe. Le même endroit ou deux heures auparavant un élève pré-pubère a agi en héros en jetant son cartable sur un terroriste déterminé a tuer. Il s’en vantera certainement dans la cour de recréation, entre une discussion sur le foot et la dernière chanson de son chanteur favori. Et encore, à lire ses interviews c’est fort possible qu’il ne s’en vante même pas et que mon esprit français l’emporte sur la force de cet enfant.
Cet événement si singulier dans mon autre pays, ou l’on aurait évacué le quartier entier avant d’attraper ce terroriste et reprendre une vie normal, fait partie de la “routine” en Israel. Deux heures après, l’arrêt de bus était déjà nettoyé et actif, le terroriste déjà menotté. Le quotidien avait déjà repris, ce que j’ai eu du mal à concevoir moi-même.
Deux jours plus tard en me faisant bousculer sans même y prêter attention, j’ai enfin compris. J’ai compris comment les mêmes personnes qui sont capables de te bousculer, te klaxonner sans même sourciller sont capables de t’aider à t’installer, te souhaiter de la réussite à tout bout de champs, et s’inquiéter de la situation de ta famille en France. En Israël, la vie l’emporte sur tout. 
Les israéliens avec tous les défauts qu’on leur connait vivent leurs vies. Ils sont conscients qu’à chaque instant tout peut basculer, et profitent des moments simples et pourtant si profonds de la vie. Au moindre rayon de soleil les plages se remplissent. Grillades d’un côté, narguilé de l’autre, joie de vivre des deux.
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Chaque attentat, chaque mort, chaque blessé, chaque fou capable de prendre une arme pour tuer un inconnu pour une idée est vécue comme une catastrophe. Et pourtant, la vie continue. Ils nous apprennent à donner la meilleure réponse a cette idéologie qui fait l’apologie de la mort: ils vivent. Et nous continuerons à vivre, à profiter de notre routine, à descendre a la même station de bus, manger dans nos restaurants favoris et faire nos courses dans nos supermarchés.
Nous français, puisque ces horreurs arrivent aussi chez nous, devons nous inspirer de ce modèle, nous efforcer de ne pas rentrer dans ce jeu de violence et de haine, mais de vivre. Profiter des instants simples et pourtant si profonds…
Tout a déjà été dit et tellement mieux: « C’est très joli, la vie. Mais cela a un inconvénient, c’est qu’il faut la vivre. »  (Jean Anouilh)
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