Suis-je Charlie ?

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Et Voila ! Dès le deuxième article il y a confusion des langages, mais ce n’est pas important car ce qui compte c’est le message, et celui-ci s’adresse à mes amis français.

Depuis quelques jours mon fil d’actualité est rempli d’articles et de photos sur Charlie, les juifs, les flics, les républicains, les musulmans et autre. L’important étant que surtout l’on n’exclue personne, et pourtant… Pourtant quoi de plus frustrant que de devoir choisir entre ses identités ? Que doit choisir mon amie juive, policière et qui tient à la liberté d’expression ? Une fois de plus, à vouloir rassembler la France exclue (et se trompe de combat!). Elle exclue car trop de musulmans n’ont pas pris le pied de ce mouvement de masse parce qu’ils étaient contre les caricatures de Charlie Hebdo, et même s’ils condamnent les violences, ils ne se sentent pas “Charlie”. Elle exclue car trop de juifs, et moi y compris, se sentent indignés que lorsque l’on tue des juifs à Bagneux, à Toulouse, qu’on viole des jeunes femmes parce que juives, ou qu’un même groupe terroriste réussit un attentat dans un supermarché Casher et tue 4 juifs deux jours après avoir attaqué une rédaction, alors il s’agit d’un “problème de juifs”. Un problème de juifs qui n’entraine aucun soulèvement national, aucune affiche “Je suis juif” ou autre manifestation, sous-entendant de manière inconsciente une certaine culpabilité des citoyens français de par leur judaïsme. Cette culpabilité inconsciente du juif dans l’esprit français est ancrée dans chaque personne qui peut concevoir que l’on attaque une synagogue, sans pour autant craindre que l’on s’attaque à sa paroisse. En 1980 au lendemain des attentats visant la synagogue de la rue Copernic, le premier ministre Raymond Barre révèle par un célèbre lapsus cette culpabilité inconsciente lorsqu’il évoque “un attentat odieux qui voulait frappé des israélites qui se rendaient à la synagogue et qui a frappé des français innocents”.

Ce “mouvement national” de cinq millions de personnes dont chacun parle aujourd’hui, a réveillé  moins de 10% de la population française, et même s’il fait chaud au coeur il n’est ni question “d’unité nationale”, de “soulèvement”, ou je ne sais quelle autre formule démagogique que l’on a pu entendre. Combien seraient venus si la marche avait lieu un jour de la semaine non chômé ? Combien se sentent suffisamment impliqués pour amorcer quelconque changement qui modifierait leur routine ?

Aujourd’hui, j’ai assisté à l’enterrement des quatre juifs exécutés froidement par ce barbare parce que juifs: Yoav Hattab, 21 ans, Yohan Cohen, 23 ans, Philippe Braham, 45 ans, et Francois-Michel Saada, 64 ans. Nous n’étions pas un million comme dans les rues de Paris, nous étions quelques milliers. Je ne les avais jamais rencontrés et ne les connaissais pas et pourtant… Aujourd’hui j’ai enterré quatre de mes frères. A ma gauche, à ma droite, des personnes que je n’avais jamais rencontrées et que je ne connaissais pas, et pourtant… Nous partagions la même peine, la même angoisse, les mêmes larmes. Nous étions une seule et même famille, tous présents malgré le travail, les rendez vous, et les tracas de la vie quotidienne. Dans ces montagnes de Jerusalem, nous pouvions tous sentir l’unité. L’unité de notre communauté juive de France mais également l’unité d’un peuple.  Moi comme les autres nous savions que cela aurait pu être nous, nos parents ou nos frères et soeurs, car nous partageons tous cette même identité: Nous sommes Juifs. Au début de ces lignes je me demande si je suis Charlie, et je n’en sais toujours rien, et à vrai dire je m’en moque, je n’ai pas besoin d’être Charlie, car Je suis Juif. Et cela implique naturellement que je rejoins les valeurs de liberté d’expression, de culte, d’égalité et que je cherche à être meilleur chaque jour, et à construire un monde meilleur.

Seulement, je ne suis pas prêt à me battre pour un pays qui n’est pas prêt à se battre pour moi et pour ma famille. Lorsqu’une mère juive me dit qu’elle refuse d’emmener ses enfants dans une école juive, parce qu’elle a peur et que je ne peux pas lui dire en étant sur de moi qu’elle n’a aucune raison d’avoir peur et que la France les protègera, je m’écroule. Je m’écroule de voir que le pays dans lequel j’ai grandi ne prend pas la mesure du problème.  Je m’écroule de voir que nos dirigeants, au niveau communautaire comme au niveau national ne considèrent pas la profondeur et les enjeux de la situation.

Ce post n’est pas un appel à l’Alyah, mais un appel à l’action. Amis et famille française, réveillez vous, ouvrez les yeux. Réalisez l’ampleur et la gravité de la situation et agissez. L’action ne passe pas forcément par la prise d’armes, mais ne lâchez pas vos représentants, qu’ils prennent les mesures nécessaires pour éradiquer cette menace islamiste, à court et long termes. Faites en sorte que le discours du Premier Ministre Manuel Valls ne soit pas vain. Juifs comme non juifs, ne fuyez pas. Mais si vous choisissez de quitter la France, souvenez vous des raisons qui vous font choisir votre destination. Ainsi, même si la peur est l’élément déclencheur, la vie que vous mènerez ne sera pas dans le regret du passé. Comme l’a dit ce matin aux funérailles le Président de l’Etat d’Israel Reuven Rivlin, « Le retour à la terre de vos ancêtres ne doit pas être dû à la détresse, au désespoir, à la destruction. La terreur ne nous a jamais gardés à terre, et nous ne voulons pas que vous vous y soumettiez. La terre d’Israël est une terre de choix. Nous voulons que vous la choisissiez par amour. » (source)

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